One of my favorite poem (after Ariette III from Verlaine), best read aloud
Petite épître au Roi
–
En m’ébattant je fais rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent je m’enrime ;
Bref, c’est pitié d’entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand vous plaît mieux que moi rimassez,
Des biens avez et de la rime assez :
Mais moi, à tout ma rime et ma rimaille,
Je ne soutiens (dont je suis marri) maille.
Or ce me dit (un jour), quelque rimart :
« Viens çà, Marot, trouves-tu en rime art
Qui serve aux gens, toi qui as rimassé ?
- Oui vraiment (réponds-je) Henri Macé ;
Car vois-tu bien la personne rimante
Qui au jardin de son sens la rime ente,
Si elle n’a des biens en rimoyant,
Elle prendra plaisir en rime oyant ;
Et m’est avis, qui si je ne rimois,
Mon pauvre corps ne seroit nourri mois
Ne demi-jour : car la moindre rimette
C’est le plaisir où fault que mon ris mette”.
Si vous supplie qu’à ce jeune rimeur
Fassiez avoir un jour par sa rime heur,
Afin qu’on dise, en prose ou en rimant ;
« Ce rimailleur qui s’en ailloit enrimant,
Tant rimassa, rima et rimonna,
Qu’il a connu quel bien par rime on a.”–
Clement Marot (1495–†1544)
digg
del.icio.us
Reddit
NewsVine